La fusée expérimentale GoldenSky 5 équipée de ses deux boosters latéraux



Toujours plus fort,
toujours plus haut !


Le samedi 16 août 2003, quatre fusées de type expérimental ont élé lancées à partir du site militaire de Saint-Hubert.

L'équipe de l'Euro Space Center, l'Administration de l'Aéronautique, la Défense Nationale, le Groupe d'Etude Aérospatial et le VRO ont collaboré à cet événement.


T
out est prêt ! Les conditions atmosphériques sont idéales.

 

La fusée expérimentale W.H.1 équipée de son nouveau propulseur MAGPUSH décolle.


L'aventure de la conception

La méthode de fabrication du propulseur Magpush constitue une innovation dans le domaine de la propulsion aérospatiale. De nombreux tests au banc d'essai ont été réalisés. Le combustible est similaire à celui utilisé pour les S.R. Boosters de la navette spatiale.

Ballistic Test & Evaluation System : coéfficient de vitesse de combustion = 0,27 inches/sec - Exponent n = 0,42.
Température de fonctionnement : 3 000°C à 70 atmosphères. Vitesse d'éjection des gaz : 2 km par sec.

L'allumage du nouveau propulseur type MAGPUSH, catalysé à l'aide de chromite de cuivre, est normalement instantané sans chuffing. L'effet visuel est exceptionnel. La température est telle qu'il fallut réaliser la tuyère en pur graphite afin d'éviter son érosion.

Analyse :

Un défaut de calibration du système de diaphragme a provoqué l'ouverture prématurée de la tuyère. La pression ayant brusquement chuté dans la chambre de combustion, le propulseur s'est coupé. L'engin n'a pas décollé.

Au second essai, malgré une mise sous pression très lente (temps d'allumage supérieur à 4 secondes !), la fusée W.H.1 décolle. La trajectoire est correcte mais les données enregistrées à bord révéleront ultérieurement une force maximale de poussée 50% inférieur à celle prévue.

L'Impulsion spécifique ainsi que l'Impulsion totale sont, quant à elles, conservées.


La récupération se fait par l'ouverture d'une trappe latérale actionnée à l'aide d'un servo-moteur.
Un parachute classique réalise l'extraction d'un "ballon". Ce dernier, une fois gonflé, ne peut plus se déformer; la dérive horizontale est ainsi considérablement réduite.

La récupération est parfaite. La technique du parachute extracteur combinée à celle du parachute sphérique est optimale.


Golden Sky 5

 

Le second tir, quant à lui, devait constituer une grande première en Europe : en effet, l'engin expérimental était équipé de deux boosters latéraux (allumés selon une séquence spéciale dite un étage et demi) qui se séparent en phase ascensionnelle pendant que la fusée continue sur une trajectoire culminant à 3 000 mètres d'altitude.


La G. Sky 5 est montée sur un rail afin d'assurer le guidage pendant les premiers mètres de la trajectoire.
La stabilité sera assurée par quatre ailerons en fibre de carbone pré-imprégné.
Une technologie identique à celle utilisée pour les fusées Ariane 5 de l'ESA.

 



Un public nombreux était présent
pour ce lancement exceptionnel

Un vacarme assourdissant, et la fusée décolle.

Les propulseurs étaient équipés d'un système diaphragmatique. A l'allumage, lorsque la pression dans la chambre de combustion est correcte, ce dispositif est éjecté par les gaz à haute température et la fusée peut décoller.

Caméra embarquée ... images du lancement

Malheureusement, un éclat a rebondi sur la rampe de lancement et a percuté la fiche d'alimentation électrique des accélérateurs latéraux. Malgré une trajectoire correcte, les accélérateurs n'ont pas été allumés. La séparation a bien été réussie mais le système de récupération a également été perturbé.

L'impact a eu lieu dans les sous-bois. L'engin avait presque totalement disparu dans le sol. Nous ne pouvons que déplorer cet échec car les phases les plus difficiles (estimation correcte de l'influence des boosters sur la stabilité aérodynamique de l'ensemble et séparation des boosters) ont été réussies.

En fait, ce risque d'échec est caractéristique d'une technologie confrontée à ses limites.

Tous nos remerciements à la firme MIDA Bruxelles pour son aimable collaboration dans ce dossier.


Les deux dernières fusées ont été installées dans leurs rampes de lancement respectives situées de part et d'autre de la piste.

La connexion satellite du module GPS embarqué à bord de la fusée Nouvelle Vague, développée par le Groupe d'Etude Aérospatial, s'avéra impossible mais les objectifs principaux étaient de tester, en vol, le nouveau moteur FARO, ainsi qu'un système d'ouverture pyrotechnique du ralentisseur basé sur un micro-contrôleur PIC, ce qui fut superbement réussi. L'atterrissage eût lieu dans les bois. L'équipe éprouva d'ailleurs quelques difficultés à récupérer la fusée accrochée en haut d'un arbre par son parachute cruciforme.



M
algré une mauvaise connexion à la batterie d'alimentation en courant pour l'allumage qui retarda quelque peu le lancement , le projet Columbo a parfaitement fonctionné. Nous ne pouvons que féliciter son constructeur car il s'agissait là d'une réalisation de très bonne facture, équipée d'un propulseur Nitrate de Potassium/Dextrose basse pression de très haute sécurité.

La visibilité optimale permis même aux spectateurs ravis de suivre ce dernier tir jusqu'à son apogée, nous offrant une magnifique descente sous parachute. En effet, au dernier moment, l'engin changea de trajectoire pour aller atterrir sur la pelouse bordant la piste principale de l'aérodrome militaire de St-Hubert.


Cette année, le spectacle fut donc, une fois encore, au rendez-vous.

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