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En
août, Mars, la planète rouge, nous frôlera à
56 millions de kilomètres. Jamais elle n'aura été
aussi proche de notre Terre depuis plus de 75.000 ans.
En 2003, l'Euro Space Center de Transinne consacre une exposition
exceptionnelle dédiée à la planète rouge,
sur sa formation, ses missions et le futur de son exploration.
Jamais l'arrivée de l'homme sur Mars n'a, elle aussi, été
aussi proche
tout comme l'occasion de s'en approcher en plein
cur des Ardennes.
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La
planète Mars fascine l'être humain, son voisin, depuis
bien longtemps.
De sa couleur rouge à ses petits hommes verts, notre imaginaire
a toujours vagabondé, nous poussant à repousser nos
limites. De nombreux savants l'ont observée, des sondes et
des satellites ont été lancés, cette année
plus que jamais. La fin de l'année 2003 et le début
2004 seront une véritable période d'invasion de Mars
avec pas moins de six projets internationaux. Et l'Europe ne sera
pas étrangère à ces projets. |
L'ESA,
voisine de l'Euro Space Center, a profité de la proximité
de la planète rouge pour lancer la mission " Mars
Express ". Elle se compose d'un orbiteur (le satellite) et
d'un atterrisseur, la sonde Beagle 2 qui se posera sur le sol martien
pour y effectuer des prélèvements destinés à
mieux connaître encore les caractéristiques de cette planète
dont tout porte à croire que l'homme pourrait y vivre dans un avenir
proche. L'objectif est de trouver de l'eau sous la surface et d'anciennes
traces de vie qui aideraient à mieux comprendre la nôtre
ou de nouvelles traces de vie ? Des instruments de haute précision
sont embarqués à bord de l'orbiteur : caméra 3D,
radar capable de pénétrer le sol pour en dresser une carte
3D, instruments de mesure de la circulation atmosphérique
A noter que le voyage jusqu'à la planète rouge, distante
tout de même de 400 millions de kilomètres durera pas moins
de six mois. L'arrivée est donc prévue en décembre.
C'est
à cause de sa couleur rouge que Mars a de tous temps été
associée au sang, à la mort et à la guerre. Les Egyptiens
l'avaient baptisée " Har décher " et les Babyloniens
" Nergal ", l'étoile de mort. Les Grecs et les Romains
ne faillirent pas à cette réputation en associant la planète
à leur dieu de la guerre respectif. Dès 1515, Copernic décrit
le mouvement des planètes, dont Mars, autour du soleil. En 1609,
Kepler décrit l'orbite de Mars et Galilée l'observe grâce
à une lunette astronomique. Puis tout s'enchaîne, de Mars,
les uns observent la rotation, les pôles et l'inclinaison, les satellites
Phobos et Deimos, les autres décrivent les canaux, la vie possible,
les invasions imaginables, les anciennes civilisations, la colonisation
Puis les Russes lancent leurs premiers Marsnik et Spoutnik au début
des années soixante. Les Américains embrayent avec leurs
Mariner
Le cinéma s'empare lui aussi de la planète
avec Kubrick (2001, l'odyssée de l'espace), Lucas (La guerre des
étoiles), Hyams (Capricorne 1), Burton (Mars Attacks), de Palma
(Mission to Mars)
Les internautes se passionnent pour la planète
rouge, le site www.nirgal.net
en constitue l'un des exemples les complets, et une belle occasion de
se renseigner sur Mars avant de prendre la direction de l'Euro Space Center
pour vivre une autre dimension de l'espace.
Car plus que jamais, l'Euro Space Center se révèle un passage
obligé pour vivre quelques heures la tête dans les étoiles
et, jusqu'au 4 janvier 2004, plus près que jamais de Mars, notre
planète voisine directe. L'exposition vous fera découvrir
la formation de Mars et de la Terre depuis le télescope Hubble,
les missions passées, la mission " Mars Express " avec
la maquette de la sonde " Beagle " grandeur nature, la géologie
de cette planète aux régions très " cratérisées
" et caractérisées, son atmosphère dont plusieurs
paramètres la font ressembler à la terre, sa météorologie
et ses trois cycles (CO2, poussière et eau)
Vous saurez tout
sur le futur de l'exploitation martienne et la préparation des
vols interplanétaires qui permettront l'arrivée de l'homme
sur Mars
Un petit pas pour celui qui y posera le pied, et un autre
grand pour toute l'humanité !
E
U R O S P A C E C E N T E R
1, rue
Devant les Hêtres - B - 6890 Transinne
Autoroute E411 Bruxelles-Luxembourg, sortie 24
Tél. : 32 61 65 64 65 - Fax : 32 61 65 64 61
E-mail
: info@eurospacecenter.be
Quelques
vues de l'exposition ...
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juin 2003
Cosmodrôme de Baïkonour (Kazaksthan),
l'Europe relève le défi de la conquête de la planète
Mars. A bord d'une fusée Soyouz/Fregat, la sonde Mars Express
et son atterrisseur Beagle 2 s'envolent pour un voyage de 6 mois qui
devraient les amener en vue de la planète rouge pour la Noël
2003.
Cette mission permettra à l'Europe d'apporter sa contribution
à l'étude de notre voisine. Les différents instruments
à bord donneront de nouvelles informations sur sa structure,
sa géologie et son atmosphère. Ils devraient également
apporter de nouvelles preuves de la présence d'eau sous la
surface martienne.
La mission scientifique est conçue pour durer au moins une
année martienne (687 jours terrestres). L'orbiteur servira
également de relais pour les prochains atterrisseurs internationaux
(japonais avec la mission Nozomi et américains avec les deux
Mars Exploration Rovers). |
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Objectifs
Les instruments scientifiques à bord de Mars Express ont été
élaborés par de nombreux instituts de recherche européens.
On se souviendra de l'échec de la mission soviétique Mars
96 qui emportait des expériences européennes. Elle n'a jamais
pu quitter l'orbite terrestre et s'est écrasée dans l'océan
Pacifique quelques heures après son lancement. Mars ne se laisse
pas apprivoiser si facilement. Sur les 7 instruments principaux de Mars
Express, 5 avaient été initialement développés
pour la mission Mars 96, et trouvent ici une chance de repartir vers Mars
sous une version améliorée.
Il devront en particulier :
- Obtenir
des vues en trois dimensions permettant de mieux connaître la
surface, la géologie et la minéralogie de la planète.
- Déterminer
plus précisément la structure du sous-sol martien pour
y déceler en particulier des poches d'eau ou de glace.
- Obtenir
plus d'informations sur la composition et la circulation atmosphérique
afin d'établir un modèle précis du climat.
- Étudier
l'interaction entre l'atmosphère, le vent solaire et le milieu
interplanétaire.
Lancement
Pour
arriver le plus rapidement possible en utilisant un minimum de carburant,
Mars Express devra profiter au maximum de la position optimale de la Terre
par rapport à Mars, début juin 2003.
L'année 2003 sera une année particulièrement propice
pour le lancement d'une sonde spatiale. En août 2003, Mars passera
à moins de 56 millions de kilomètres de la Terre, une situation
qui ne se répète que tous les 17 ans environ. Mars Express
mettra seulement six mois pour atteindre la planète rouge, un véritable
record !
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Le
lancement sera effectué à l'aide d'un lanceur russe
Soyouz/Fregat (fournie par la société Starsem). La
fusée Soyouz est d'une fiabilité extraordinaire, elle
a déjà volé plus de 1500 fois. Le premier vol
a eu lieu en 1963, son taux de succès avoisine les 98 %.
La fusée Soyouz comprend normalement trois étages,
mais dans le cas de Mars Express, un quatrième étage
sera ajouté : l'étage Fregat. Ce nouvel étage
est capable d'allumer et d'éteindre son moteur un grand nombre
de fois. Pour Mars Express, deux allumages seront nécessaires.
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Juste après le lancement, la sonde sera d'abord placée sur
une orbite circulaire de parking à 200 km d'altitude. Quelques
heures plus tard, le moteur de l'étage Fregat sera mis à
feu de façon à injecter la sonde sur une trajectoire martienne.
Les panneaux solaires , qui étaient repliés contre la plateforme
de la sonde au moment du lancement, se déploieront sous la surveillance
d'une petite caméra (ils sont destinés à fournir
une puissance minimale de 650W). Mars Express enverra alors des données
de télémétrie au sol pour informer les ingénieurs
du bon état de fonctionnement de ses systèmes.
Phase
de croisière
Une fois passé le moment délicat du lancement, la sonde
commence son long périple de 6 mois
Elle restera cependant sous surveillance puisque des signaux radio seront
émis depuis la Terre par les stations au sol en Australie et à
Kourou en Guyane. On calculera le temps mis par ceux-ci pour aller vers
Mars Express et revenir vers la Terre, la sonde recevra alors l'ordre
d'exécuter sa première correction de trajectoire
Les instruments scientifiques subiront également quelques vérifications
de bonne marche avant d'être désactivés pour le long
voyage.
Séparation
de Beagle 2
Après 5 mois de voyage, les opérations conduisant au largage
de l'atterrisseur Beagle 2 commencent. Les moteurs d'appoint seront mis
à feu pour placer Mars Express sur une trajectoire de collision
avec Mars, qui permettra à Beagle 2 de se diriger vers son site
d'atterrissage Isidis Planitia (l'atterrisseur ne possède effectivement
pas de système de propulsion propre). La séparation aura
lieu au dernier moment (soit cinq jours avant l'insertion en orbite de
Mars Express), histoire d'obtenir le maximum de précision dans
le "lancé". Le largage de Beagle 2 sera suivi grâce
à une petite caméra, qui, espérons le, retransmettra
ce moment historique en direct.
Immédiatement après l'éjection de l'atterrisseur
britannique, Mars Express allumera pour la première fois son moteur
principal pour modifier sa trajectoire et éviter une collision
fatale avec Mars (qui sinon serait inévitable, étant donné
que Mars Express s'est volontairement placée sur une trajectoire
de collision pour permettre à son atterrisseur de rejoindre la
surface de Mars). La nouvelle trajectoire autorisera la capture de l'orbiteur
par le champ gravitationnel martien.
Insertion en orbite martienne
Mars Express va débouler dans la banlieue martienne à une
vitesse très élevée. Si rien n'est fait, la sonde
survolera la planète rouge sans se placer en orbite. Pour s'insérer
en orbite, le moteur principal sera mis à feu, de manière
à ralentir suffisamment la sonde. Lorsque la vitesse de l'orbiteur
sera inférieure à la vitesse de libération de la
planète (5,2 km/s, vitesse permettant à une sonde d'échapper
à l'attraction martienne), celui-ci sera automatiquement happé
par le champ de gravité martien, et se retrouvera en orbite.
L'orbite de Mars Express
L'orbiteur sera placé sur une orbite polaire (87 degrés
d'inclinaison), l'apoastre (le point le plus éloigné de
la surface de Mars) sera dans un premier temps fixé à 11
560 km d'altitude, et le périastre (le point le plus proche de
la surface de Mars) à 259 km. Sur cette orbite, la sonde mettra
7,5 heures pour boucler une révolution autour de Mars. Après
440 jours, l'orbite sera sensiblement modifiée : le périastre
sera rehaussé (298 km), tandis que l'apoastre sera diminué
(10 107 km). La période de révolution ne sera alors plus
que de 6 heures et 40 minutes.
Ces deux orbites offriront à la fois des périodes de jour
pour certains instruments optiques (comme la caméra stéréoscopique
haute résolution) et des périodes d'obscurité pour
les observations radars. A chaque nouvelle orbite, Mars Express évoluera
à moins de 1000 km de la surface martienne, situation idéale
pour les opérations de cartographie.
A chaque fois qu'elle passera au plus proche de la surface de Mars (périastre),
elle tournera sur elle-même pour pointer ses instruments vers la
surface. Etant donné que l'antenne ne sera pas à ce moment
là dirigée vers la Terre, les données ne pourront
pas être transmises immédiatement après la collecte.
Pendant la période d'observation scientifique, qui dure environ
une heure et demi à chaque orbite, aucun contact n'est donc possible
avec la sonde. Les données seront alors stockées sur des
enregistreurs de bord, en vue d'une retransmission ultérieure.
Grâce à son antenne UHF (MAREES), Mars Express pourra également
recevoir les données en provenance de Beagle 2 à chaque
fois qu'elle survolera le site d'Isidis Planitia.
Instruments
scientifiques
ASPERA
- Energetic Neutral Atoms Analyser
Cet analyseur de plasma va étudier l'interaction qu'il y a entre
l'atmosphère martienne et les vents solaires. Il devrait permettre
de mieux comprendre les mécanismes à l'origine de la disparition
de la vapeur d'eau et d'autres gaz sur Mars.
Développement: Institutet för rymdfysik (IRF), Suède.
MaRS - Radio Science Experiment
Cet instrument va utiliser les ondes radio pour étudier à
la fois la surface et l'atmosphère de Mars. Il fournira des mesures
des variations locales de la gravité sur la surface, ainsi que
des mesures de pression et de température atmosphérique.
Développement: Universität Köln, Allemagne.
HRSC - High Resolution Stereo Camera
Cet appareil stéréoscopique prendra des photos de la surface
martienne. Ces images permettront d'établir des cartes géologiques
montrant la répartition des minéraux et des roches sur Mars.
A l'origine, cet appareil avait été développé
pour la mission Mars 96.
Développement: DLR, Institut für Planetenerkundung, Allemagne.
MARSIS - Mars Advanced Radar for Subsurface and
Ionosphere Sounding
L'objectif principal de MARSIS est de cartographier la distribution d'eau
et de glace dans les plus hautes couches de la croûte martienne.
Il utilisera des techniques semblables à celles utilisées
pour la prospection dans l'industrie pétrolière. L'étude
de la réflexion des ondes radio par le sous-sol donnera de nombreuses
informations sur sa structure et permettra notamment de faire la différence
entre un sol humide et un sol rempli de glace.
Développement: Universita di Roma 'La Sapienza', Italie.
OMEGA - IR Mineralogical Mapping Spectrometer
Ce spectromètre de cartographie analysera la minéralogie
de la surface de Mars. Cet appareil fonctionne dans le visible et le proche
infrarouge. Il pourra détecter les différents matériaux
qui composent la surface. L'objectif est de cartographier la totalité
de la surface avec une résolution allant de 1 à 5 kilomètres
par pixel.
Développement: Institut d'Astrophysique Spatiale, Orsay, France.
PFS - Planetary Fourier Spectrometer
L'atmosphère de Mars se compose essentiellement de dioxyde de carbone
et d'azote, mais elle contient également une très faible
quantité de vapeur d'eau et d'ozone. Le PFS mesurera la distribution
globale de la vapeur et des autres composants mineurs de l'atmosphère
avec une plus grande précision que ses prédécesseurs.
Développement: Istituto Fisica Spazio Interplanetario, Rome, Italie.
SPICAM - UV and IR Atmospheric Spectrometer
Cet instrument étudiera la composition de l'atmosphère martienne
dans de plus petits volumes que le PFS. Il établira, entre autre,
des profils verticaux de la concentration en dioxyde de carbone, en aérosols,
en ozone et en corps oxydants. Il étudiera également les
rayons ultraviolets qui atteignent le sol. Ces mesures permettront de
déterminer l'influence de ces composantes sur une éventuelle
vie sur Mars.
Développement: Service d'Aéronomie, Verrières-le-Buisson,
France.
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Le
petit atterrisseur fut développé par un consortium
d'universités britanniques. Nommé Beagle 2 en hommage
au navire qui a emmené Charles Darwin vers les fameuses îles
Galapagos, celui-ci est un véritable concentré de
technologies. Il est équipé d'un bras robotisé
et d'une "taupe" qui permettent de prélever différents
échantillons pour les étudier.
Noël
2003, arrivée en fanfare sur Mars. L'atterrisseur envoie
vers la Terre la chanson intitulée 'Beagle 2' (du groupe
britannique Blur). On reste encore dans le contexte artistique puisqu'une
peinture de l'artiste Damien Hirst sert de calibration aux caméras
de l'atterrisseur ...
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Après
sa séparation d'avec la sonde Mars Express, Beagle 2 entame sa
descente vers Isidis Planitia, un grand cratère d'impact de plus
de 1000 kilomètres de diamètre et vieux de 4 milliards d'années
situé pas très loin de la bien connue formation Syrtis
Major.
Le site d'atterrissage est très intéressant puisqu'il se
trouve à cheval sur la frontière qui sépare les hauts
plateaux cratérisés de l'hémisphère sud des
basses plaines de l'hémisphère nord. De plus, comme c'est
la fin de l'hiver dans l'hémisphère nord, l'électronique
de bord n'a pas trop à souffrir des rigueurs de la saison et l'ensoleillement
est suffisant pour alimenter les panneaux solaires.
Atterrissage
Muni
d'un bouclier thermique, de deux parachutes et d'airbags, Beagle 2
se dirige vers Mars à la vitesse de 20 000km/h. Lorsqu'il touche
l'atmosphère martienne, le bouclier thermique freine l'atterrisseur
par frottement contre l'air, ensuite les deux parachutes s'ouvrent.
Après largage du bouclier thermique et des parachutes devenus
inutiles et juste avant d'atteindre le sol, les airbags sont déployés.
Après l'atterrissage, les airbags sont expulsés loin
de Beagle 2. A ce moment-là, ce dernier ne pèse plus
que 30 kg ! |
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Les
instruments
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Beagle
2 est équipé de 5 panneaux solaires dont 4 s'ouvrent
"en pétales" et de batteries au lithium qui fournissent
l'énergie nécessaire à l'alimentation des instruments
scientifiques dont un bras articulé équipé d'un
système tout à fait inédit sur Mars : la taupe.
Celle-ci peut se déplacer à la surface avant de s'enfoncer
sous un rocher (pour y trouver un sol préservé des conditions
agressives régnant en surface) dans le but d'y prélever
des échantillons aux
fins d'analyse.
D'une longueur de 33 cm et avançant à la vitesse de
1 cm toutes les 6 secondes, elle peut évoluer dans un rayon
de 5 mètres autour de Beagle 2. |
Un
dispositif de forage se trouve également sur le bras robotique.
Une petite meule enlève les poussières et la couche superficielle
d'une roche pour atteindre une région saine n'ayant subi aucune
érosion ou altération.
Puis, si à première vue, le caillou se révèle
intéressant, un foret permet de prélever une carotte de
5cm qui est transférée sur l'atterrisseur pour y subir une
analyse plus poussée.
Beagle
2 possède bien d'autres instruments, à savoir :
- un
système d'analyse des gaz au moyen d'un four qui va brûler
des
échantillons de sol et de roche en présence d'oxygène
- 4
caméras indépendantes dont 2 sont installées sur
le bras robotique et
fournissent des images panoramiques du site d'atterrissage et de la
collecte
d'échantillons. Une autre est installée sur l'atterrisseur
lui-même pour
surveiller les évolutions du bras robotique et enfin une dernière
caméra
microscopique, intégrée au bras, prend des vues rapprochées
des roches
- un
détecteur UV pour étudier le rayonnement ultraviolet qui
frappe la
surface de Mars.
- un
détecteur de rayons cosmiques et de vent solaire.
- des
thermocouples pour mesurer la température atmosphérique.
- un
baromètre pour mesurer la pression atmosphérique.
- des
anémomètres pour mesurer la vitesse et la direction des
vents.
- des
détecteurs d'impact de poussières.
Grâce
à ses nombreux équipements scientifiques, Beagle 2 doit
répondre à la question fondamentale de la présence
d'eau sur Mars et de substances à base de carbone.

Mars
reste et restera un objectif prioritaire dans l'exploration planétaire
future.
L'Agence Spatiale Européenne a un ambitieux programme nommé
AURORA. Celui-ci présente une stratégie européenne
d'exploration de la planète rouge par des robots et des hommes.
Le but avoué étant d'envoyer une mission habitée
à la fin des années 2020 !
Les pierres
angulaires du programme Aurora sont :
- entre
2009 et 2015 : missions automatiques de prélèvement et
de retour d'échantillons martiens.
- entre
2015 et 2020 : décision d'engager le programme des vols habités.
- entre
2020 et 2030 : installation d'un avant-poste robotique sur Mars et possibilité
de missions habitées sur la Lune préparant ainsi le vol
habité vers Mars !
Les différentes missions programmées sont :
- La
mission Exo-Mars : elle a pour objectif d'étudier l'environnement
biologique avant l'arrivée d'atterrisseurs et l'atterrissage
de l'homme afin de détecter des éléments d'une
vie sous toutes ses formes, y compris à l'état fossile.
Le robot s'appellera Pasteur du nom du célèbre biologiste
français. Les données recueillies seront également
importantes pour les recherches en exobiologie (recherche de vie extraterrestre).
- La
mission de retour d'échantillons : elle a pour but de ramener
des échantillons de sol martien sur Terre. On prévoit
ainsi un module de descente (composé d'une plate-forme pour le
prélèvement d'échantillons et d'un véhicule
de remontée), un véhicule de retour (composé d'un
petit container avec les échantillons prélevés)
et un véhicule de rentrée atmosphérique sur notre
planète.
En
parallèle à ces deux missions majeures, deux autres missions
moins chères et plus rapides à mettre en oeuvre sont étudiées
notamment l'aérocapture dans le milieu martien et la rentrée
d'une capsule dans l'atmosphère.
- l'aérocapture
(ou aérofreinage) : cette mission permettra de valider la technologie
qui devra permettre de freiner suffisamment un vaisseau spatial sur
les hautes couches de l'atmosphère martienne. Ainsi, le CNES
(Centre National d'Etudes Spatiales) met sur pied PREMIER (Programme
de Retour d'Echantillons Martiens et Installation d'Expériences
en Réseau). La Belgique est d'ailleurs bien impliquée
dans le consortium international Premier.
- le
véhicule de rentrée atmosphérique : une petite
sonde sera placée en orbite terrestre puis propulsée vers
la Terre pour reproduire les conditions similaires au retour d'une capsule
en provenance de Mars. Cette mission est nécessaire à
la mise au point de la mission de retour d'échantillons. L'ESA
compte sur la collaboration russe au savoir-faire intéressant
en ce qui concerne la capsule de rentrée.
Il devient
évident qu'il faut parier sur une collaboration internationale
pour les missions martiennes. L'ESA prête attention aux recherches
menées par d'autres notamment en ce qui concerne les moyens de
propulsion et de production d'énergie. Il devient clair que si
l'on veut aller plus vite vers Mars et en revenir, il faudra des propulseurs
différents. A la surface de Mars, il faudra recourir à des
systèmes nouveaux de production d'énergie pour les modules
habitables étant donné les tempêtes de sable qui y
sévissent plusieurs fois dans l'année et recouvrent ainsi
de poussière les panneaux solaires ...
L'Observatoire
de Belgique a aussi les yeux rivés vers la planète rouge
puisqu'il participe à l'expérience NEIGE (NEtlander Ionosphere
and Geodesy Experiment). Celle-ci fait partie d'un réseau scientifique
de 4 petites stations (NetLanders) qui seront envoyées sur Mars
en 2007. Ces stations permettront d'affiner nos connaissances en météorologie,
sismologie, géologie et magnétisme martiens
L'expérience
NEIGE (dont l'Observatoire Royale de Belgique est le responsable principal)
a comme but premier d'étudier la géodésie et l'ionosphère
de la planète Mars
Grâce
à NEIGE, on augmentera notre compréhension de la physique
de l'intérieur de Mars. La planète rouge possède-t-elle
un noyau solide ou liquide ?
Quelle est la grandeur de celui-ci ?
Une attention
particulière sera aussi apportée à l'étude
de l'ionosphère martienne, cette haute couche de l'atmosphère
dont la concentration est plus de 100 fois inférieure à
celle de la Terre.
Contrairement à la Terre, Mars ne possède pas de champ magnétique
global. L'ionosphère martienne interagit directement avec le vent
solaire.
Autant
de différences qui font que l'étude de l'ionosphère
par NEIGE nous révélera encore bien d'autres aspects insoupçonnés
de notre rouge voisine.
Conclusion
Aujourd'hui, on sait que Mars est inhabitée. Mais pourquoi a-t-on
tant reposé notre imaginaire sur Mars et pourquoi nous fait-elle
toujours autant rêver ? La réponse tient peut-être
dans ceci : une nouvelle Terre, une nouvelle chance !
Mars,
de lieu menaçant est devenue une terre d'accueil, espoir de l'humanité
! Que l'homme puisse un jour y poser le pied ou pas, qu'une vie intelligente
s'y soit développée ou non, Mars a en tous cas déjà
trouvé des résidents : nos rêves et notre imaginaire
!
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